Série d’été (5/10) – Et si vous décarboniez votre entreprise?

Décarboner son modèle d’affaires est certainement une excellente idée pour participer à l’effort collectif nécessaire dans la course à la réduction du taux de CO² dans l’air et des effets néfastes du réchauffement climatique. Il n’y a pas de raison pour que les entreprises, à l’instar des autres acteurs de la société mondiale, ne prennent leur part de d’engagements à cet égard. Mais décarboner son entreprise, cela veut dire quoi?

On peut trouver, sur le Net, de nombreuses définitions de la décarbonation. L’idée est toujours la même, il s’agit de réduire au maximum les émissions de CO² liées aux activités de l’entreprise. Celles-ci peuvent être directes ou indirectes, liées à la production ou non. De nombreuses études montrent que les domaines les plus générateurs de CO² sont la production d’électricité, le transport et les productions industrielles (liste non hiérarchisée, variant de pays à pays – https://tinyurl.com/mr7da2ty). Dans la grande majorité des cas, donc, décarboner est synonyme de réduire la production directe de CO², éventuellement en ayant recours à d’autres sources d’énergies, bien souvent plus chères comme l’électricité ou l’hydrogène. On peut également jouer sur les consommations indirectes en choisissant de s’approvisionner auprès de fournisseurs ayant fait l’effort de réduire leurs propres empreintes carbone. Dans certains situations, la décarbonation passe aussi par l’acquisition d’indulgences, en gros, le financement des efforts d’autres acteurs pour se donner bonne conscience. Une des difficultés de l’exercice est de donner corps à ces réductions. C’est pourquoi des indicateurs ont été définis qui permettent d’évaluer la situation avant le mise en place des mesures et ensuite après. L’exercice commence donc toujours par un bilan.

Dans tous les cas, les efforts de décarbonation vont avoir un impact sur le modèle d’affaires, parce qu’ils vont générer des dépenses supplémentaires, parce qu’ils vont affecter le mix de produits/services, parce qu’ils vont impacter la promesse faite aux clients. Ne pas tenir compte de cet effet, et initier une politique de gestion des émissions de carbone sans parallèlement revisiter son modèle d’affaires ne peut que mettre l’entreprise en difficultés.

A titre d’exemples:

  • une augmentation des coûts liés à l’acquisition de certificats pourrait avoir un impact sur les coûts, la qualité de la production, et donc sur la proposition de valeurs, voire certaines cibles de clients
  • la volonté de réduire la production de CO² pourrait inciter à arrêter la production /commercialisation de certains produits/services
  • le choix de recentrer les produits vendus sur des produits moins générateurs de CO² pourrait avoir un impact sur la proposition de valeurs et donc sur les cibles de clients
  • un travail sur les émissions de CO² liées aux transports pourrait impacter les sources d’approvisionnements (et donc la variété et la qualité des produits), mais aussi les cibles de clients (plus gros volumes, distances moins grandes…)

Après… la transition énergétique aura-t-elle lieu? Cela vaut la peine d’écouter l’interview de Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement, qui éclaire la situation d’une lumière inhabituelle et qui rappelle en introduction qu’aucune transition énergétique n’a jamais eu lieu… (https://tinyurl.com/2taav794).

Bref, le travail sur les émissions de CO², quelle que soit l’entreprise, ne peut s’envisager indépendamment d’une réflexion sur le modèle d’affaires. Et idéalement, celle-ci devrait intervenir très en amont. Et si vous menez actuellement une telle réflexion sur votre décarbonation, n’oubliez pas que les Business Shakers sont là pour vous aider à réfléchir à vos modèles d’affaires. N’hésitez donc pas à les contacter.

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