Série d’été (4/10) – Télétravail, gestion par projet, travailleurs indépendants et « gig economy »

Le télétravail imposé ces dernières années, expérimentation forcée, a certainement fait évoluer le regard porté par les managers sur le travail à distance et son évaluation. Au point sans doute, pour certains, de faire tomber quelques barrières et d’oser maintenant envisager de nouveaux modes d’organisation de travail, par exemple le gestion par projet. Dans cette nouvelle démarche managériale, l’entreprise avance et évolue en développant des projets successifs , comme autant de sauts de puces ou de kangourous, c’est selon, plutôt que de miser sur une progression régulière plus ou moins rapide.

Là où cette idée de gestion par projets et les acquis de l’expérience de télétravail pandémique peuvent se rejoindre c’est dans la gestion d’équipes hybrides, composées de personnes présentes, partiellement présentes, non présentes. Maintenant, on sait mieux valoriser le travail fait à distance, sans contrôle du temps passé devant son bureau. Maintenant qu’on sait mieux fixer des objectifs et faire en sorte de les atteindre… Maintenant qu’on a l’expérience de l’intégration dans l’équipe de nouvelles personnes qui n’ont pas connu l’équipe et l’entreprise avant… Maintenant qu’on a acquis tout cela, on peut se permettre de penser à des projets plus ambitieux, plus forts que ce à quoi on est habitué parce que maintenant on va pouvoir aller chercher en-dehors de l’équipe, éventuellement même très loin, des personnes capables de nous aider à réaliser nos rêves…

Bien sûr, travailler avec des intervenants extérieurs, ce n’est pas nouveau. Il y a longtemps que les entreprises font appel à des indépendants, à des sociétés de services, à des entreprises de body-shopping… Et cela fonctionne. Mais la plupart du temps, soit les intervenants extérieurs travaillent globalement en autonomie, avec objectif de livrer un résultat bien défini, soit ils sont intégrés aux équipes existantes.

La différence apportée par la gig economy, définie comme l’économie à la tâche, ou selon le dictionnaire Oxford un marché du travail caractérisé par la prévalence de contrats à court-terme par opposition à des emplois permanents, est que l’on est mieux armé, aujourd’hui, pour piocher dans des pools de travailleurs hautement qualifiés pour les intégrer dans le projet pour profiter de leurs compétences idoines le temps qu’il faut…

Pour mieux comprendre, de nombreux articles sont disponibles en ligne. Toutefois, ces deux articles de la Harvard Business Review peuvent être vus comme de bons points d’entrée :

  • La pandémie va-t-elle créer une ubérisation du travail intellectuel? – Le 17/11/2020 par Sameer Hasija, V. « Paddy » Padmanabhan, Prashant Rampal – https://tinyurl.com/yr9mvf7v
  • Votre entreprise est-elle menacée d’uberisation? – Le 26/03/2015 par Frédéric Fréry –  https://tinyurl.com/mwcunutn

Bien sûr, ce mode de management n’est pas tout rose… L’effet de levier, pour ceux qui cherchent des bénéfices rapides est sans doute intéressant. D’un autre côté, à force de sous-traiter et d’externaliser les actifs (immatériels) de l’entreprise, inévitablement, on l’affaiblit, ce qui pourrait avoir un impact sur sa durée de vie et sa valorisation. Sans oublier que ceux qui ne se lancent pas dans l’aventure peuvent toujours se faire doubler (et éjecter) pas des concurrents moins scrupuleux (?)

Autant rester au courant et attentifs… pour modifier son modèle d’affaires et le rendre plus résistant (résilient?)

Envie ou intérêt à revisiter votre modèle d’affaires et d’évaluer les impacts possibles de ces mutations? Pensez aux Business Shakers qui n’hésiteront pas à secouer vos réflexions et vos certitudes? N’attendez pas pour les contacter…

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