Série d’été (2/10) – Le principe du low-tech (techno-discernement) e une place à prendre…

Le terme low-tech a été créé en antonymie avec le terme high-tech. En français on parlerait volontiers de techno-discernement.. Mais il ne s’agit pas pour autant de rejeter toute la technologie. Bien que le concept de « low-tech » est difficile à définir, certains n’hésitent pas à s’essayer à l’exercice. Ainsi, la Fabrique Ecologique, dans sa note Comment et pourquoi développer l’innovation technologique (2019/04 – https://tinyurl.com/2p8bt737) nous propose ceci:

«Les low-tech, par opposition aux high-tech, sont une démarche visant, dans une optique de durabilité, à questionner nos besoins réels et développer des solutions aussi faiblement «technologisées» que possible, minimisant l’énergie requise à la production et à l’usage, utilisant le moins possible de ressources / matériaux rares, n’infligeant pas de coûts cachés à la collectivité.
Elles sont basées sur des techniques les plus simples possible, les moins dépendantes possible des ressources non renouvelables, sur des produits réparables et maintenables dans la durée, facilitant l’économie circulaire, la réutilisation et le recyclage, s’appuyant sur les savoirs et le travail humain digne.
Cette démarche n’est pas seulement technologique, mais aussi systémique. Elle vise à remettre en cause les modèles économiques, organisationnels, sociaux, culturels. À ce titre, elle est plus large que l’écoconception.»

L’innovation « low-tech » n’a pas vocation à réduire notre niveau de confort ou de bien-être, elle a plutôt l’objectif de mettre dans les produits le bon niveau et la bonne quantité de technologie. Par exemple, elle s’interrogera sur la pertinence d’équiper nos voitures de phares et d’essuie-glaces qui se mettent en marche tous seuls, de portes et de coffres qui se ferment automatiquement, de remplacer les rétroviseurs par des caméras… Elle n’est pas à confondre avec l’innovation frugale, qui reste une approche business consumériste, se caractérise par les 3 questions qu’elle soulève:

  • est-ce réellement utile?
  • est le plus soutenable humainement et écologiquement?
  • cela nous rend-il plus résilients, autonomes, agiles?

ou plus simplement: pourquoi, quoi et comment produire? Ce qui fait que le produits low-tech ne sont pas forcément frugaux, dénués de technologie et simples à imaginer, développer et produire. C’est d’ailleurs parfois tout le contraire.

L’entrepreneur qui souhaiterait se lancer dans le développement, la production ou la diffusion de produits étiquetés « low-tech » devra inévitablement faire évoluer son modèle d’affaires:

  • sa proposition de valeur va prendre une nouvelle direction, qu’il devra sans doute défendre par de la publicité et des actions de lobby pour qu’elle s’impose auprès des consommateurs
  • les activités de R&D et de design vont poursuivre de nouvelles finalités
  • les intrants (ressources et matières premières)vont faire plus de place à l’homme et aux produits/services locaux
  • l’ambition financière et de volume d’affaires, vont être plus modestes
  • la capture de la valeur va sans doute être redirigée vers des services annexes (entretiens, réparation…)
  • prévoir des activités de défense contre les attaques des tenants de l’économie extractiviste dominante qui verront un danger pour leur propre modèle d’affaires

Ici aussi, la chance sourira aux audacieux… et les Business Shakers de SPI seront-là pour les accompagner et faciliter leur aventure.

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