Série d’été (10/10) – Capitaliser sur les informations tacites présentes dans les entreprises

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C’était il y a longtemps, dans le courant de la dernière décade du XXème siècle. Le concept de knowledge management (KM – gestion des connaissances) émergeait et j’étais encore un jeune professionnel. Mon domaine d’activité était la gestion documentaire (GED). Scanning, OCR, classement, rangement, recherche… étaient les mots importants de mon activité. Il semblait alors évident aux vendeurs de technologies que l’archivage de documents, textes ou images, était une des voies royales du knowledge management. Pour les entreprises, surtout les plus petites, c’était nettement moins évident.

Ma carrière n’avait pas encore pris sa coloration « intelligence stratégique » (IS). Pour cause, le terme et le concept n’existaient pas encore vraiment. Et même si je faisais déjà de la veille (sur internet), je n’y avais pas encore été confronté à l’IE ou l’IS. J’essayais de trouver ma voie et celle du KM me semblait prometteuse. C’est dans ce contexte de veille et d’apprentissage que j’ai lu le livre « The knowledge Creating Company » de Hirotaka Takeuchi et Ikujiro Nonaka (publié en 1991 – https://tinyurl.com/yxn5cgqu). Je me souviens avoir été impressionné, à l’époque, par le récit de la création de la première machine à pain. Et de la difficulté de transposer certains gestes simples du boulanger, notamment la petite pression du doigt sur le pain qui confirme la cuisson à point. J’avais aussi été intéressé par la distinction entre les connaissances tacites et explicites.

La graine a poussé dans son coin, et ce n’est que récemment que l’évidence s’est imposée à moi. Les concepts de connaissance (information) tacite et explicite ont toute leur place dans les méthodes et pratiques de l’intelligence stratégique. Pour rappel, et en bref, la connaissance/information explicite est celle qui est transcrite dans des documents tandis que la connaissance/information tacite est dans la tête des personnes. En conséquence, je me suis intéressé à la dynamique de la connaissance, à ses allers-retours entre le tacite et l’explicite, à sa multiplication à chaque passage d’individu à individu en suivant le fondement théorique proposé par le modèle SECI (socialisation, externalisation, combination, internalisation).

L’exploitation de l’information peut donc se reposer sur des pratiques d’intelligence collective exploitant les informations tacites plutôt que sur l’interrogation de bases de données. Même si, bien sûr, la mobilisation de collaborateurs représente des coûts non négligeables, elle n’impose pas la mise en place ni l’utilisation d’infrastructures numériques lourdes (qui ont aussi leurs coûts) et elle peut aussi activer des informations qui n’auraient pas été incluses dans les bases de données et également faire appel à des informations implicites…

Intéressés par la démarche? N’hésitez pas à en parler à nos Business Shakers ! Ils pratiquent régulièrement cette méthode… dont votre serviteur !

Retrouvez tous les billets de la série d’été 2020…


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