Série d’été (5/10) – Et si… le réchauffement climatique, c’était votre affaire ?

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Le titre est cynique, je sais, mais il a le mérite d’attirer votre attention. Car c’est un fait scientifiquement avéré, GIEC oblige : les bouleversements climatiques ont et auront un impact sur notre vie. Seules l’intensité et la temporalité de la violence avec lesquelles le réchauffement va agir ces prochaines décennies font l’objet de discussion. Inondations, dérèglement des saisons, fortes chaleurs, montée du niveau de la mer, intempéries diverses et variées vont compliquer la production agricole et alimentaire, modifier les écosystèmes, nous obliger à adapter nos habitats et modes de vie, ouvrir la voie à de nouveaux problèmes de santé, raréfier certaines ressources vitales, bouleverser les rapports sociaux. Et j’en passe.

La question est vaste, complexe et bouleversante, mais la business shakeuse que je suis doit concentrer son propos sur une approche : pour tout entrepreneur qui vise la pérennité de son entreprise, que faire de cette information ?

Force est de constater que notre économie wallonne de moins en moins industrielle et composée essentiellement de PME’s, ne se saisit pas structurellement du problème. Pour certaines start up, c’est presque naturel si j’ose dire. Elle sont nées dedans et s’inscrivent par évidence dans cette anticipation de fin d’un monde. Parfois avec difficulté, il faut le reconnaître, car c’est difficile d’avoir raison dans un écosystème qui rejoue le drame du Titanic, même en période de fonte des glaces.

Pour les entreprises existantes donc, nombreuses sont celles qui participent à l’effort collectif via la réduction de leur empreinte écologique, mais bien peu ont anticipé et intégré les conséquences du réchauffement climatique sur leurs activités hormis, peut-être, la question énergétique, et encore… Pourtant, sachez que de grandes entreprises et multinationales s’y préparent depuis une à deux décennies. Je vous recommande à ce propos la lecture du rapport publié par Carbon Disclosure Project, une organisation britannique environnementale qui a interrogé 7.000 entreprises sur le sujet.

Et pour les PME, que faire donc ? Tout d’abord, l’entendre si ce n’est déjà fait. Oui, cela va avoir un impact important sur l’économie et donc toutes les entreprises, dans un timing qui n’est pas précis (entre 2030 et 2050, voire déjà maintenant pour certains secteurs). Non, on ne sait pas modéliser avec certitude les changements environnementaux, économiques et sociaux ; mais bouleversement il y aura, c’est sûr. Si vous êtes d’accord, pour pouvez passer à l’étape suivante. Sinon, sachez que certaines espèces d’autruches sont en voie de disparition, comme tant d’autres d’ailleurs.

Deuxièmement : mesurer les risques. Vos fournisseurs seront-ils en mesure de continuer à répondre à votre demande d’ici 10 ou 15 ans ? Les prix risquent-ils de grimper démesurément ? Vos clients seront-ils en difficulté ? Pourrez-vous les aider à y faire face ? Votre produit sera-t-il encore adéquat par rapport au besoin qui aura évolué ? Approvisionnement, production, positionnement, investissement… Cette étape rassemble des points qui normalement sont déjà soumis à votre attention, sauf que, dans ce cas-ci, le changement de contexte risque d’être rapide, radical et impactant. Il s’agit donc d’être à l’écoute de vos partenaires et experts de votre métier (qui ont peut-être déjà fait un bout de chemin sur la question) ainsi que d’avoir une connaissance des prospectives et faits scientifiques. Mais l’outil majeur reste votre bon sens pour les conclusions que vous en tirerez. Faites-vous aider si besoin… mais faites-vous confiance.

Etape suivante : vous assurer que votre projet est animé d’une raison d’être forte, qui n’est pas enfermée dans votre métier ou votre produit. En effet, une société en crise se concentre plus que jamais sur ses propres besoins. Les entreprises fortes de demain seront celles qui contribueront efficacement aux défis de la société, et toute la question pour vous sera comment votre entreprise pourra y répondre. Qu’apporte-t-elle au monde actuel et comment va-t-elle participer aux enjeux des 30 prochains années de notre civilisation ? On revient sur la question de la raison d’être de Simon Sinek (le « why ») et du mantra de Guy Kawasaki, que je vous invite à revisiter si besoin (Aide-toi et l’Univers t’aidera). Une fois (re)précisée, elle vous aidera notamment à reconfigurer votre proposition de valeur au fil des besoins et de l’actualité.

Envie d’autres informations sur le sujet? Vous pouvez jeter un œil sur les sources suivantes : https://e-rse.netwww.novallia.bewww.cdp.net

Et n’oubliez pas que l’équipe Shake me up de la SPI peut vous aider à vous poser les bonnes questions, et prendre des décisions.

 

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