La sérendipité, cela vous dit? Et la zemblanité?

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La sérendipité, qui est la francisation du mot anglais serendipity, est souvent présentée comme un néologisme évoquant le hasard heureux, qui nous permettrait de trouver des choses qu’on ne cherche pas.

A vrai dire, le mot serendipity est plutôt un néologisme ancien, puisqu’il date de la fin du XVIIIème siècle. Il est l’œuvre de l’Anglais Horace Walpole qui l’a forgé après la lecture du livre « Voyages et aventures des trois princes de Sarendip« . Ce livre met en scène trois jeunes princes, héritiers de leur royaume, enjoints par leur père, le roi de Sarendip (un ancien nom de l’île connue aujourd’hui comme Sri Lanka), de parcourir le monde afin de parfaire leur éducation. Peu de temps après leur départ, ils croisent la route d’un chamelier à la recherche d’une de ses bêtes perdue. Leur capacité à décrire le chameau perdu, qu’ils n’ont pas vu mais dont ils ont pu observer quelques traces, est la base du concept de serendipité. La suite du livre est constituée d’histoires, de contes et fables, à la manière des contes des mille et une nuits. Il y est question d’amour, de haine, d’alliances, de trahisons, de conquêtes, de bonheur…

Lorsqu’on connait l’histoire des trois princes de Sarendip, et la démarche intellectuelle qui les a menés à la connaissance relative au chameau qu’ils ont affichée, on doit bien convenir que le hasard heureux n’est sans doute pas la meilleure explication. Par contre, le raisonnement par induction, tel que présenté dans l’article « Deductive vs Inductive Reasoning: Make Smarter Arguments, Better Decisions, and Stronger Conclusions » publié sur le site Farnam Street est sans doute plus proche de la réalité (https://tinyurl.com/y844qxnz).

La zemblanité, quant à elle, est l’opposé de la sérendipité. Cet autre néologisme qui évoque « des troubles consécutifs à des désagréments prévisibles volontairement encourus » ou le « don de faire à dessein des découvertes attendues, malheureuses, malchanceuses » doit son nom à l’île de la Nouvelle Zemble, archipel russe de l’océan arctique, qui est aux antipodes de l’île de Sarendip.

Ceux qui souhaitent profiter de leur été pour découvrir les voyages et aventures des trois princes de Sarendip peuvent se référer à la version scannée d’une des premières éditions connues. Elle est disponible sur le site de la BNF (https://tinyurl.com/y8y4gsce). Ils trouveront aussi sur le Web quelques versions plus récentes, souvent payantes (même si les prix ne sont pas exorbitants). Ils peuvent aussi télécharger cette version récente, qui ne présente que l’introduction (mais c’est là que se joue la sérendipité)… https://tinyurl.com/y8o7memz

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