Demain, peut-être que votre entreprise sera une école

09-11-2016-13-02-13

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Le conflit des générations est une constante humaine. Celle qui a le pouvoir en main a presque toujours l’impression que celle qui suit ne sait pas faire grand chose. Trop molle, gâtée, peu engagée… depuis les premières traces de l’écriture, on retrouve bien des commentaires en ce sens. C’est normal : on juge la jeunesse avec nos propres valeurs, compétences et expériences ; or, ils ont un bagage différent du nôtre. Donc, chers quinquagénaires et autres parents de grands enfants, si malgré votre immense fierté envers votre progéniture, vous avez régulièrement des poussées urticantes en les voyant tapoter sur leur écran et autres fenêtres numériques, cela fait partie du processus de la vie.

Pour les employeurs, c’est autre chose. Dans un monde où les relations professionnelles sont principalement régies par les lois hiérarchiques (cadre versus employé, logique du bac -10 à +100, rapport de salaire de 1 à 50, omniprésence des outils de contrôle, etc.), les générations Y et Z jouent des coudes… et refont les codes. Car l’accès au savoir à portée de clic, héritage de la révolution numérique, change la donne, en particulier le rapport à l’autorité et l’apprentissage.

Voici un an, une intervention d’Emmanuelle Duez a déchainé les passions sur le web (https://www.youtube.com/watch?v=gkdvEg1kwnY). Son propos est simple : la génération Y est mal comprise car contrainte d’évoluer dans un monde régi par des modèles économique et social incapables de répondre à la pression d’un monde nouveau. Elle va devoir changer le paradigme et inventer de nouveaux modèles.

C’est certainement vrai. Cependant, je nuancerai en ajoutant que de nombreux X éclairés y travaillent depuis quelques décennies. Si les start up du XXIe siècle sont naturellement proches de l’entreprise dite libérée (ben oui, elles sont nées dedans…), d’autres patrons ont fait le pas dès les années 70 – voir à ce sujet l’article Les nouvelles manières de travailler ? Ringard ! (mais cool quand-même)

Dans la seconde partie de la vidéo, Emmanuelle Duez dresse un portrait de la prochaine génération Z, qui selon elle, observe depuis sa tendre enfance ses parents aigris par le travail, et qui n’attendrait plus grand chose de l’école ni de l’entreprise sous leur forme actuelle. Ce qui expliquerait pourquoi les freelances sont de plus en plus nombreux dans les pays anglo-saxons. Chaque boulot, chaque métier est une opportunité d’apprendre et de s’enrichir… Dès lors, pourquoi passer autant de temps sur les bancs d’une école qui n’envisage même pas les métiers de demain? Le Z répond : « J’apprendrai de… moi. Et de mes employeurs.

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