L’intrapreneur en PME… ou comment piquer les bonnes idées aux grands groupes

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L’intrapreneur est un collaborateur qui crée un business au sein d’une entreprise. Il mobilise son réseau (interne et externe), ses connaissances dans le domaine, ses compétences dans le métier ainsi que sa capacité à féderer (il a souvent un certain leadership) au profit d’un projet en lequel il croit.

A la différence d’un entrepreneur qui lance son affaire, le projet appartient l’entreprise qui l’héberge, ainsi que la propriété intellectuelle qui lui est rattachée.

La dynamique d’intrapreunariat demande une série de conditions pour qu’elle fonctionne, la première et principale étant le soutien sincère des managers à la démarche qu’entame le collaborateur. S’il n’est pas reconnu dans son projet, les conséquences de ses efforts risquent de devenir vite gênantes pour le fonctionnement interne de l’entreprise, d’autant que le business qu’il développe peut exiger un autre modèle d’affaires que celui qui est mis en place pour l’activité principale. Malgré l’apparente sécurité qu’offre le principe (le salaire « tombe » à la fin du mois), il faut bien reconnaitre que dans certains cas, le travailleur prend des risques (isolement, rejet voire perte d’emploi). Par contre, si l’intrapreunariat fait explicitement partie de la culture de l’entreprise (certaines entreprises sont même connues pour cela), alors les travailleurs (managers compris) se sentent « autorisés » à innover.

Ce concept développé dans les années 70’ est surtout appliqué dans les grands groupes. La taille de ces sociétés ne leur permet pas facilement d’être en contact avec les bonnes idées de leur personnel, et même bien souvent cette taille va de paire avec un modèle de management qui tue la dynamique d’innovation, de par les processus internes de gestion et de contrôle qui lui est propre.

Et pourtant, j’ai récemment rencontré une PME liégeoise qui pratiquait un principe assez similaire, sans pour autant mettre l’expression sur la démarche. Lorsqu’un collaborateur a une idée, le responsable d’entreprise lui accorde du temps pour la développer, l’étayer, la confronter au marché. Les autres travailleurs peuvent également apporter leur contribution au projet. L’intrapreneur construit donc le projet au départ d’une PME qui existe déjà, en relative quiétude. Si le projet se révèle finalement peu viable, pas de problème, l’erreur est une opportunité d’apprendre (voir mon billet « youpie on s’est planté »). Si l’idée s’avère probante, le travailleur est invité à créer sa propre entreprise, avec une égale participation dans l’actionnariat pour le patron OU le projet reste la propriété de l’entreprise mère et est développé au travers de celle-ci.

Soit le collaborateur reste intrapreneur, soit il devient entrepreneur… et dans tous les cas, la PME mère est gagnante.

Et vous, soutenez-vous les collaborateurs qui croient en leurs idées d’innovation ?

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